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CONGRES D’EVANGELISATION :
L’étape
de Lisbonne
Au milieu du congrès
entre Vienne et Paris d’une part et Bruxelles et Budapest d’autre part,
l’étape de Lisbonne était imprégnée de la culture portugaise mais aussi
traitait un thème universel qui est essentiel en Europe : notre rapport à
la vie, vie sur cette terre mais aussi vie éternelle. Dans l’encart de
cette feuille les autres membres de la délégation de notre paroisse vont
vous donner un compte rendu de ce que nous avons vécu. Je vais essayer de
dégager quelques idées qui ont émergé.
1.
Dieu
est beau, la foi a produit de la beauté (architecture, musique,
peinture…liturgie). Contempler la beauté de Dieu peut être un chemin
d’évangélisation. Une liturgie superbe peut conduire au Seigneur car elle
dit quelque chose de sa beauté.
2.
De
grands rassemblements populaires tels des processions permettent de faire
renouer le contact avec Dieu et son Église à fortiori lorsqu’ils
s’accompagnent d’une parole épiscopale forte et si l’événement est relayé
par des médias neutres.
3.
Dieu
se donne à travers sa Parole. La Bible interpelle nos contemporains. Elle
peut être première rencontre avec le Seigneur. (Au cœur de Lisbonne sur
une place comme celle du Châtelet il y avait une exposition sur la Bible,
on pouvait aussi jouer à la pêche à la ligne et tirer une parole de Dieu
ou dans des pots à vitamine trouver la Parole qui nous apporterait ce
dont nous avons besoin pour vivre).
4.
La vie
fait partie du patrimoine commun de l’humanité. Tout homme peut
reconnaître qu’elle est un don et une responsabilité. Il y a un lieu à ré
évangéliser : la mort, lieu des questions essentielles sur notre
destinée, lieu où tout homme est particulièrement réceptif surtout si
ceux qui l’accueillent sont attentifs, serviables et priants. La
privatisation des rites funéraires est un obstacle au soutien de la
communauté ecclésiale locale et de la société.
6. L’annonce de la vie
éternelle est essentielle car nul ne se résout à accepter que sa vie
puisse s’achever sur cette terre. Nous avons à réaffirmer notre foi en la
résurrection de la chair face aux autres propositions qui ne tiennent en
fait pas. La dimension corporelle de la résurrection est la condition de
la continuité de nos relations et de notre personnalité. Ces données sont
appréciées et valorisées par notre société.
Voici à quelques jours
de notre retour les principales réflexions que m’inspirent les multiples
homélies, conférences, conversations et ateliers auxquels j’ai participé.
Ceci est bien sûr subjectif. Mais je souhaite que le compte-rendu
ci-joint et ce quelques propos nous aident à transmettre le Christ avec
un énergie renouvelée au cœur de notre quartier. Que la Vierge Marie,
Notre Dame de Fatima et Thérèse de Lisieux dont les reliques étaient
présentes au congrès nous accompagnent !
Abbé Xavier
SNOËK
A la suite de
Paris - Toussaint 2004, le congrès pour une nouvelle évangélisation s'est
tenu cette année à Lisbonne : "Lisboa 2005 : Cristo Vivo". Nous étions 4
de la paroisse à y participer : Anne Neudorffer, Fabrice Reillon, le P.
Xavier Snoëk et moi-même.
Nous avons été
accueillis chaleureusement par les paroissiens de Santa Joana Princesa,
une église consacrée il y a deux ans. Cette paroisse s'est beaucoup
investie sous l'impulsion de son curé, le Père João. La paroisse
proposait tous les soirs une activité différente : comédie musicale (en
lien avec la communauté de l'Emmanuel), soirée "Fado" (chant traditionnel
portugais), Via Lucis (procession aux flambeaux communes aux trois
paroisses avoisinantes).
Le congrès
proprement dit se déroulait au monastère de Jéronimos, à l'ouest de la
ville. La journée commençait par les laudes, suivies de témoignages se
rapportant à la conférence du jour (sur le mystère de la vie). Après la
messe et le déjeuner, nous pouvions soit participer à des ateliers
concrets en fonction de nos centres d'intérêts, soit aller en ville pour
des temps de mission sur les grandes places, dans les centres
commerciaux. Les vêpres solennelles avaient lieu à la Cathédrale (Sé) en
présence des reliques de Sainte Thérèse de Lisieux. En soirée, nous
pouvions participer aux différentes propositions des paroisses.
Ci-dessous, voilà
quelques moments forts de ces 9 jours à Lisbonne :
·
la beauté du monastère de Jéronimos.
·
les liturgies solennelles et multi langues.
·
la procession organisée par notre paroisse d'accueil avec deux de ses
voisines. Quelque 500 personnes ont marché entre l’église S. João Deus et
l’église S. João Britto, sous la présidence du cardinal Erdö, archevêque
de Budapest.
·
Le pèlerinage au sanctuaire de Fatima : messe et chapelet dans la
chapelle des apparitions, prière auprès des petits voyants les
bienheureux François et Jacinthe.
·
La grande procession aux flambeaux qui a réuni plus de 500 000 personnes
dans les rues de Lisbonne. Tous suivaient la statue de Notre-Dame de
Fatima, sortie pour l'occasion du sanctuaire de Fatima (3e
fois en 80 ans). Pendant 3 heures, nous avons marché, portés par les
chants, les Ave Maria en portugais. Aux fenêtres de leurs maisons, les
lisboètes avaient déployé des tentures, des bougies en l'honneur de
Marie. La télévision nationale retransmettait en direct cette procession
et la Ville avait mis en œuvre des moyens techniques impressionnants. La
conclusion de cette procession a été la
consécration à Marie de la Ville
de Lisbonne par le cardinal Policarpo, patriarche de Lisbonne et une
exhortation sur la mission spécifique de la femme dans l’Eglise. Il a
invité les centaines de milliers de participants présents à reprendre à
leur compte les paroles de Marie parlant de son fils « Faites tout ce
qu'il vous dira. ». Aux pieds de la Vierge, étaient déposées les boîtes
dans lesquelles les paroisses de Lisbonne avaient recueilli des
intentions de prière tout au long des semaines passées.
Mais ces jours
passés à Lisbonne sont plus vastes que ne le présentent ces quelques
lignes : nous avons partagé la vie des lisboètes, observé ce que
faisaient nos amis portugais. Tout n'est sans doute pas transposable à
l'Immaculée Conception. Nous revenons plus "vivants" que jamais.
Vous pouvez
retrouver l'ensemble des photos, ainsi que la plupart des textes
(conférences, témoignages, homélies) sur le site de la paroisse :
www.immaculee-conception.net.
Emmanuel POTTIER
A l’issue des
six premiers jours de congrès, quelques heures avant la procession aux
flambeaux et la consécration de la ville de Lisbonne à Marie, a eu lieu
un débat-rencontre, retransmis par la télévision nationale, réunissant
les archevêques de chacune des villes d’Europe accueillant le congrès
(Card. Schönborn, Vienne ; Mgr. Vingt-Trois, Paris ; Card. Policarpo,
Lisbonne ; Card. Danneels, Bruxelles ; Card. Erdö, Budapest). Quatre
thèmes ont été retenus par la présentatrice animant le débat ; thèmes
choisis pour leurs liens avec les préoccupations actuelles de nos
contemporains. Pour chacun d’entre eux, voici quelques idées-phares
développées au cours de la rencontre :
1) Violence et
dialogue interreligieux.
·
Le dialogue interreligieux est possible dans la mesure où l’on ”propose
ce à quoi l’on tient le plus”.
·
Le Christ est le seul à pouvoir unifier les hommes, c’est le sens de sa
venue sur terre.
·
” La religion n’est pas la racine mais le remède à la violence”. On ne
pourra arriver à une pacification du monde en prônant l’absence de
religion. Seul l’approfondissement de la foi le permettra.
·
Nous avons le devoir de reconnaître et demander pardon pour les violences
causées par les chrétiens en Europe et exportées dans le monde.
2) Les
divorcés-remariés et les sacrements.
·
Il s’agit d’une situation très douloureuse, tant pour les
divorcés-remariés eux-mêmes, que pour les évêques et les prêtres qui les
accueillent.
·
En l’absence de communion sacramentelle possible, la participation à la
messe consiste, pour les divorcés-remariés tout particulièrement, en ”une
union à la croix du Christ, Lui les prend sur sa croix, les enveloppe de
son amour et de sa miséricorde. ”
·
Le mariage n’est pas uniquement un engagement privé entre les deux époux,
mais également un engagement vis-à-vis de la collectivité, source de sa
cohésion sociale. En retour, celle-ci doit encourager ceux qui luttent
pour rester fidèles. Or l’Eglise est bien souvent seule à défendre la
beauté du mariage et de la famille. D’où la nécessité d’avoir le courage
de promouvoir cette conception de la famille.
3) Les jeunes.
·
Face à leurs difficultés à croire : Il est indispensable ”d’être
transparent à eux” ; il est inutile de faire état de ses doutes, ” de
promener ses doutes”, il ne faut pas leur cacher ”que croire coûte cher”,
est exigeant. Actuellement, on note dans la transmission de la foi, que
le fait d’affirmer ” Dieu est la Vérité” entraîne souvent le scepticisme.
De même, souligner sa bonté, sa perfection décourage. "Le chemin à
explorer pour aller à Dieu est donc présentement le Beau : le Beau
désarme”.
·
Face à la dépréciation ambiante de la vie humaine, source de tant de
suicides de jeunes, ” nous devons manifester notre bonheur de vivre, au
travers des vicissitudes de la vie ; notre bonheur de croire que l’homme
est fait pour cheminer vers le bonheur et la joie. Nous devons être pour
eux un signe d’espoir sur leur propre vie, afin qu’ils découvrent leur
propre beauté.”
4) Société de
consommation et vision chrétienne de l’économie.
·
”Chaque chrétien, en tant qu’homme ayant la responsabilité de l’univers (cf .
Gn 1,26-29), doit exercer sa propre responsabilité politique,
économique ; sa responsabilité de consommateur”. Ceci implique de ne pas
nous laisser mener par ”l’idolâtrie de nos propres désirs” mais de
”mettre un frein à notre consommation” ; ”sinon l’économie n’a plus de
dirigeant.” Ainsi, ”les laïcs chrétiens ont à former le monde selon
l’Evangile”.
Anne
NEUDORFFER
Témoignage de l'abbé Michel Rongvaux, prêtre à Bruxelles :
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