Dogme de l'Immaculée Conception


Faisons un peu de théologie

 

Ce privilège de la Vierge Marie n'a été défini qu'en 1854 par le Pape Pie IX. Les théologiens protestants, et même certains théologiens de l'Église orthodoxe, y ont dénoncé par suite une nouveauté sans fondement dans l'Écriture ou l'ancienne tradition, et ils l'interprètent comme s'il fallait y voir une attribution à la Vierge d'une qualité native qui la mettrait en dehors de l'humanité fille d'Adam et la soustrairait au besoin universel de salut auquel le Christ seul pouvait répondre.
 
  Il y a là une confusion que devrait dissiper le texte de la définition pontificale (D.B. 1641), laquelle déclare qu'il s'agit là d'une grâce singulière accordée par Dieu « dans la vision (intuitu) des mérites du Christ Jésus Sauveur du genre humain». Plus précisément encore, ce qui est défini, ce n'est pas que les parents de la Vierge, par un miracle inexplicable, n'auraient pas transmis à celle-ci la vie humaine corrompue en Adam, mais bien que, « au premier instant de sa conception », en vertu de la grâce énoncée, elle a été préservée de toute tache de la faute originelle » (ab omni originalis culpae labe praeservatam immuotem). Autrement dit, l'immaculée conception, au sens où elle a été finalement définie par l'Église, ne signifie nullement que la Vierge n'aurait pas eu besoin du même salut que nous, en tant que fils d'Adam, mais, comme le dit encore la bulle Ineffabilis Deus où se trouve cette définition, qu'elle a été sauvée, au contraire, d'une manière particulièrement admirable (sublimiori modo), en raison de sa liaison tout particulièrement étroite avec le Christ Sauveur.

Pour bien saisir ce point de la doctrine catholique et comprendre en même temps comment il peut être l'objet d'incompréhensions si persistantes, il faut rappeler en quelques mots l'histoire de l'expression immaculée conception. La certitude que Marie, en raison de son rôle unique dans l'histoire du salut, où elle était appelée à être la propre Mère du Sauveur, avait été sanctifiée d'une manière proportionnée à cette vocation apparaît dès les premiers textes chrétiens concernant la Vierge. C'est là, en particulier, le sens que l'Église a toujours reconnu au mot de l'Ange la saluant comme kekharitôménè (en latin gratia plena) dans Le., 1, 28 (voir l'article Marie).
 Dès le haut moyen âge, les byzantins devaient concrétiser cette conviction de l'Église dans une fête de la Conception de Marie, où celle-ci serait saluée comme immaculée (akhrantos). L'idée en était venue évidemment des récits bibliques concernant Jérémie (ch. 1 de son livre) ou le Baptiste (Le., 1) et qui nous montrent sanctifiés dès le sein de leur mère ceux que Dieu désigne à une mission d'une particulière importance en vue de l'avènement du Messie.
   Lorsque la fête en question, avec cette expression appliquée d'abord à la Vierge elle-même, se mit à se répandre largement en Occident, la question se posa bientôt du sens où il fallait l'entendre. Comme on le voit avec la lettre adressée par saint Bernard à ce propos aux chanoines de Lyon, la crainte se fit jour qu'on n'interprétât la conception de la Vierge par ses parents comme immaculée en ce sens qu'elle n'aurait pas eu besoin d'être sauvée. C'est ce qui explique qu'un peu plus tard, saint Thomas lui-même, tout en enseignant formellement la sanctification de Marie dès le sein maternel, demeure réticent à l'égard de l'expression immaculée conception. En fait, c'est le bienheureux Duns Scot qui devait le premier déclarer formellement qu'il fallait entendre l'immaculée conception non comme une exemption pour la Vierge de la transmission de la faute originelle dans la transmission même de la vie par ses parents, mais bien comme une sanctification s'opérant dès cette transmission, de sorte que la grâce du Christ la préservât de toute existence dans un état irrégénéré, si brève qu'on l'imaginât (Scriptum oxo-niense, In IV. Sent., lib. IlI, dist. 3, q. 1).

  En dépit de ces précisions, et parce qu'elles ne s'étaient pas encore imposées à tous les théologiens, on verra encore les papes, jusqu'au XVe siècle, pour dissiper toute équivoque ou possibilité d'équivoque, insister sur l'emploi de l'expression « Conception de Marie immaculée » de préférence à l'expression « Immaculée conception de Marie » (voire même à l'exclusion de celle-ci). Si, finalement, ils devaient pourtant canoniser cette expression elle-même, ce ne serait, on le voit, qu'à la condition de l'entendre au sens défini plus haut, comme une réalisation en Marie du salut dont son Fils est la source, commençant dès le premier instant de sa conception. Encore faut-il bien préciser que cette définition ne signifie aucunement que Marie aurait été d'emblée portée au comble de la perfection, mais simplement qu'elle a été d'emblée préservée de toute atteinte actuelle de la faute originelle. Quant à l'objection : comment Marie a-t-elle pu bénéficier de la grâce du Christ avant que celui-ci naquît d'elle? - il faut y répondre que son cas n'est que le cas le plus éminent de toutes les grâces de l'Ancien Testament, lesquelles, au moins depuis la justification d'Abraham, étaient toutes préparatoires à la venue du Christ et données intuitu meritorum Christi.
Louis BOUYER in Dictionnaire théologique  Desclée

Prières à la Vierge

Prière de l'Angélus

  V.   L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
R.   Et elle conçut du Saint-Esprit.

Je vous salue Marie…

V.   Voici la Servante du Seigneur
R.   Qu’il me soit fait selon votre parole.

Je vous salue Marie…

V.   Et le Verbe s’est fait chair
R.   Et il a habité parmi nous.

Je vous salue Marie…

V.   Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
R.   Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Prions.
Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs.
Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé.
Conduis-nous, par sa passion et par sa croix, jusqu’à la gloire de la résurrection.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

R.   Amen.

 

Neuvaine à l'Immaculée Conception 2006 (30 novembre - 8 décembre 2006)

 

O Vierge Immaculée, Mère de Dieu, Marie de Nazareth,
secourez les Chrétiens de Terre Sainte et d'Orient
qui sont éprouvés au milieu de conflits meurtriers.
Implorez pour eux Jésus, votre fils, le Prince de la Paix.

Inspirez à leurs frères d'Occident
de les soutenir par la prière et l'aide fraternelle,
afin qu'ils puissent continuer à assurer la présence Chrétienne dans ces pays,
berceaux de la Révélation Biblique et de l'Evangile.

Fille d'Abraham, aidez les fidèles des trois religions monothéistes
à se reconnaître enfants d'un même Père,
à dialoguer et à vivre ensemble fraternellement.

Reine des Apôtres, faites que tous les Chrétiens se rassemblent
pour annoncer la Bonne Nouvelle du Dieu d'Amour,
Un en trois Personnes,
manifesté par Jésus-Christ venu sauver l'humanité du péché et de la mort
et lui donner la Vie et le Bonheur éternels.

Amen.

 

Prière de saint Siméon Metaphraste, Xe siècle : O Sainte et Souveraine

Ô sainte et Souveraine Mère de Dieu,
lumière de mon âme dans les ténèbres,
tu es mon espérance, mon appui, ma consolation,
mon refuge et mon bonheur.
Toi qui as donné le jour à la vraie lumière de l'immortalité,
éclaire les yeux de mon cœur.
Toi qui as mis au monde la source de l'immortalité,
donne-moi la vie, car le péché me fait mourir !
Mère du Dieu miséricorde, aie pitié de moi
et mets le repentir dans mon cœur,
l'humilité dans mes pensées,
la réflexion dans mes raisonnements.
Rends-moi digne jusqu'à mon dernier soupir
d'être sanctifié par ces mystères,
pour la guérison de mon corps et de mon âme.
Accorde-moi les larmes de la pénitence,
afin que je te chante et te glorifie tous les jours de ma vie,
car tu es bénie pour les siècles des siècles.

Prière de Marthe Robin (+1981) : O Mère Bien Aimée

                    Ô Mère Bien-Aimée,
                    vous qui connaissez si bien les voies de la sainteté et de l'amour,
                    apprenez-nous à élever souvent notre esprit et notre cœur vers la Trinité,
                    à fixer sur Elle notre respectueuse et affectueuse attention.
                    Et puisque vous cheminez avec nous sur le chemin de la vie éternelle,
                    ne demeurez pas étrangère aux faibles pèlerins que votre charité veut bien recueillir ;
                    tournez vers nous vos regards miséricordieux,
                    attirez-nous dans vos clartés,
                    inondez-nous de vos douceurs,
                    emportez-nous dans la lumière de l'Amour,
                    emportez-nous toujours plus loin et très haut dans les splendeurs des cieux.
                    Que rien ne puisse jamais troubler notre paix,
                    ni nous faire sortir de la pensée de Dieu ;
                    mais que chaque minute nous emporte plus avant
                    dans les profondeurs de l'auguste Mystère,
                    jusqu'au jour où notre âme, pleinement épanouie aux illuminations de l'union divine,
                    verra toutes choses dans l'éternel Amour et dans l'Unité.
                    Amen.

Prière de Paul Claudel

Prière de L. de Grandmaison.

Prière à Notre Dame de Paix (Picpus)

Prière de Saint Bernard