1) Histoire
Déjà la Rome antique connaissait des jours anniversaires des morts, comme, par exemple, les « Parentalia », qui duraient du 13 au 23 février, et à l’occasion desquels la famille faisait mémoire de ses membres défunts. Les chrétiens ont commencé par conserver les coutumes funéraires des païens, pour autant qu’elles n’entrassent pas en contradiction avec la foi. Mais, peu à peu, ces coutumes se transformèrent en rites spécifiquement chrétiens, tout en restant confinés au cercle familial ; un jour commémorant tous les défunts était étranger à l’Eglise Ancienne.
Un jour pour la commémoraison universelle de tous les défunts est mentionné pour la première fois par Isidore de Séville, qui prescrivit à ses moines de célébrer, le lendemain de la Pentecôte, la messe pour les âmes de tous les trépassés.
Au début du IXe siècle, l’abbé du monastère de Fulda, Eigil, décréta, pour le 17 Décembre - le jour de la mort de Saint Sturmius, le fondateur de l’abbaye - une commémoraison de tous les trépassés.
Mais c’est l’année 998 qui passe pour être l’année de la véritable naissance du jour des Trépassés ; c’est, en effet, cette année-là que l’abbé Odilon de Cluny institua, à la date du 2 novembre, dans tous les monastères soumis à son autorité, la fête commémorant tous les morts, une fête qui, toutefois, était déjà usuelle avant Odilon de Cluny. Grâce aux clunisiens, la fête se répandit rapidement au Nord des Alpes, mais ne parvint à Rome qu’au cours du XIIIe siècle.
Michael KUNZLER in La liturgie de l’Eglise, Cerf (Renseignements sur ce livre)
2) Sens de cette commémoration
Ainsi le 2 Novembre, nous sommes invités à prier pour nos défunts et éventuellement pour se faire, à nous rendre sur le lieu de leur sépulture. Y déposer des fleurs est signe que nous croyons qu’ils sont toujours vivants. On peut avec profit adopter certaines coutumes qui consistent à faire brûler une bougie : elle est peut-être plus évocatrice, d’autant plus si elle porte une image du Christ ou une phrase témoignage de notre foi en la résurrection du Christ et en notre propre résurrection.
Mais bien sûr, la participation à la messe et l’offrande du sacrifice de la Messe pour un défunt sont essentiel car nous pouvons faire attribuer aux défunts les profits de ce sacrifice. En quelque sorte, en communiant au Christ, nous entraînons dans ce mouvement nos défunts. Nous contribuons à leur ouverture à Dieu dans le respect de leur liberté. C’est ce que nous appelons la communion des saints.
La prière pour les morts appartient à la plus ancienne tradition chrétienne, de même que l’offrande du sacrifice eucharistique pour un défunt. A chaque messe, l’Eglise prie pour ceux qui ont quitté cette terre. Nous demandons ainsi à Dieu de faire grandir notre foi en son Fils Jésus qui est ressuscité des morts, pour que soit plus vive notre espérance en la résurrection de ceux que nous pleurons. Dans notre prière nous affirmons enfin que Jésus est le lien entre les défunts et nous : Il nous unit les uns aux autres par le mystère de son amour, spécialement dans la célébration du sacrement de sa Pâque dans la communion à son Corps et à son Sang.
D’après Pierre Jounel in Missel de la semaine, Desclée
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