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Paroisse de l'Immaculée Conception
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Autel - Cuve Baptismale  - Crucifixion

Dans un article paru dans le journal "Paris XII" n° 453 de mars 2003, Micheline Tissot nous parle de l'ensemble "Autel - Cuve Baptismale  - Crucifixion" du sculpteur Dominique Kaeppelin.

Au temps des premiers chrétiens, le sacrifice eucharistique fut souvent célébré sur la tombe de martyrs. De là est venue l'habitude d'édifier des autels de pierre au‑dessus de tombeaux de saints, et jusqu'en 1977, on s'imposa de placer au moins des reliques de saints au centre de la pierre d'autel. Par la suite, les autels furent réalisés aussi bien en pierre qu'en bois dans des styles plus ou moins décorés dont certains sont des œuvres remarquables. A présent on revient à un style plus dépouillé.

Historique et Symbolisme

Après le Concile Vatican II, on reprit l'habitude de la célébration face au public. C'est ainsi que toutes les églises durent faire édifier de nouveaux autels plus proches de l'assistance. A l'Eglise de l'Immaculée Conception nous pouvons remarquer un ensemble, du jeune sculpteur Dominique Kaeppelin, comprenant une table d'autel, une grande Crucifixion et une Cuve Baptismale. Le père Guiot - curé de l'époque - explique que lui-même et les prêtres de son équipe sont partis du texte de l'évangile selon Saint-Jean sur le thème de l'eau et du sang : "Mais l'un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et aussitôt il sortit du sang et de l'eau" (Jn. 34). Ce texte a un lien avec le message de la sainte Vierge à Lourdes, qui dit à Bernadette d'aller à la fontaine prier pour les pêcheurs. Ainsi la Cuve Baptismale est ornée d'une frise d'herbe, cette herbe que Bernadette mangea lorsque la Vierge lui demanda de boire l'eau de la source, lors de la neuvième apparition. En ce qui concerne la Croix, le sculpteur nous avait fait deux propositions : l'une avec le soldat et la lance, l'autre sans. Nous avons gardé le premier projet, car il rejoint bien le texte et c'est pour cela qu'il y a au pied de la croix la cuve baptismale. la grande croix fut voulue ainsi afin de rappeler que le Salut vient par le Christ. L'Autel est sculpté d'un Agneau, vainqueur de la mort par la croix qui se trouve placée entre ses pattes de devant, qui rejoint l'iconographie grecque qui symbolise la Résurrection. L'Ambon de la Parole, en bois teinté légèrement vert, est imagé d'une source ondulant en cascade blanche". Voilà donc la Symbolique de cet ensemble, installé vers les années 1979/80.

Le Sculpteur

Dominique Kaeppelin est né en 1949 au Puy-en-Velay. Il est le fils de Philippe Kaeppelin, lui-même sculpteur de peintre de collages, décorateur, graveur, illustrateur. C'est dire si le fils a été à bonne école. Dominique Kaeppelin est connu comme sculpteur, graveur. Après des études à l'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris, "il réalise des autels et des  ménagements avec des retables dans de nombeaux édifices religieux : église Sainte-Bernadette à Lourdes, chapelle Saint-Clair au petit village d'Aiguilhe (dans les hauteurs du Puy), église Sainte-Bernadette d'Albigny à Annecy, église d'Annemasse, église Notre-Dame du Mont-Roland à Dôle, église Saint-Paul à Sophia-Antipolis près de Nice". On lui doit également des sculptures en bois sur le thème des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle au baptistère Saint Jean au Puy-en-Velay particulièrement intéressantes. Il a réalisé, en 1979, dans la matière brute d'un front de carrière, au nord de la Région Parisienne, une œuvre monumentale, en pleine nature, sur le thème de l'Apocalypse ou Jugement des Nations avec les figures symboliques des vingt-quatre vieillards, sujet qui le hante et s'inscrit dans sa ferme croyance à un retour prochain du Christ. Il faudrait développer, mais aujourd'hui ce n'est pas le but. Disons seulement qu'il a voulu prouver qu'à la fin du XXe siècle il était possible de réaliser une œuvre de grande ampleur, et que l'Art Sacré n'avait pas seulement besoin de commandes, mais de volonté, d'imagination et de foi.

L'œuvre à l'Immaculée Conception

Dominique Kaeppelin que j'ai interviewé m'a dit que l'idée de l'ensemble Autel - Cuve Baptismale - Crucifixion n'est pas de lui, mais qu'il a rempli les volumes proposés avec la thématique imposée : Christ mort sur la croix, baptême par son sang, Agneau vainqueur. L'autel est en pierre de Comblanchien (village de Bourgogne vivant des carrières). Il est fait de cinq blocs de pierre coupés là-bas ; la face dos, les deux côtés, la table ont été travaillés en atelier et scellés sur place. L'Agneau est vainqueur.

La Crucifixion est en bois de hêtre polychromé doré par endroits, de composition verticale pour accentuer l'idée d'ascension, la force du choc de la mort et la douceur du Christ dont le regard descend vers nous (2,7 m de h).

Le baptistère est en bois recouvert de plomb ; l'ambon en bois de hêtre doré.

Dominique Kaeppelin ajoute "lorsqu'on exécute un aménagement, on essaie de poser les divers éléments comme les notes d'une symphonie pour la mettre en harmonie. De là le pain s'installe dans les esprits, et l'âme a plus de faculté à penser à Dieu, si toutefois le but est atteint au niveau artistique" : Cet ensemble de conception moderne ne choque pas dans cette église inaugurée en 1875, de style néoclassique, et le but de l'artiste est bel et bien atteint. De loin, la Croix fait penser à de la céramique et il faut s'en approcher pour voir que c'est du bois polychrome. Cela est plutôt réussi, et si vous ne connaissez pas encore, je vous engage à aller y faire un tour durant le Carême (pourquoi pas lors d'une messe ?), vous verrez comme l'atmosphère y est priante, recueillie, et aussi combien l'œuvre du sculpteur incite à la méditation.

Micheline Tissot

Documentation : Père Guiot, Dominique Kaeppelin Bénézit,  Jean-Pol Hindré, Revue Espace, 1979